Comment être un très mauvais parent ? (Conception et enfance)

Comme disait le chanteur :

Tout le monde sait comment faire des bébés
Mais personne ne sait comment on fait des papas

En dehors du tour de passe-passe rythmique assez joli, c’est complètement démagogique de dire ça. On sait aussi bien faire des papas que des mamans. Et ne me parlez pas d’instinct maternel puisqu’à part les animaux qui suivent exclusivement leurs instincts, l’être humain est le seul mammifère qui abandonne des berceaux dans le local poubelle pour des raisons socio-économiques et le plus souvent c’est du fait de la mère.

Je n’attaque personne ici, à part certains mythes auxquels je ne veux pas adhérer. Il y a autant de pères pourris que de mères pourries et si vous voulez en devenir un/une, ça tombe bien, je vous propose un guide.

Pourquoi un tel dévouement de ma part ? Parce que pour devenir un mauvais parent, c’est difficile. Il faut vraiment le vouloir et le prouver chaque jour. Ce n’est pas évident pour tout le monde (surtout si l’on croit à l’instinct paternel et/ou maternel). Bien évidemment, si c’est l’inverse qui vous intéresse (bande de hipsters!) il suffit d’ignorer, mais alors toutes, les recommandations qui vont suivre.

Pour traiter le sujet dans son intégralité, on s’attaquera aujourd’hui à la tranche s’étalant de la conception jusqu’à l’enfance, c’est là que presque tout se joue selon des charlatans comme Freud, alors soyez vigilants.

Etape 1 : choisissez votre partenaire pour de mauvaises raisons

Tout le monde sait comment on fait les bébés ! Il faut un partenaire. Un partenaire c’est des sentiments (ou pas), c’est une culture, un tempérament, des priorités et surtout un code génétique !

Ne perdez pas votre temps à regarder tous ces paramètres, vous ne vous en sortirez jamais. Et puis c’est difficile de faire des compromis quand il s’agit des intérêts socio-économiques, c’est pas comme les sentiments. Choisissez juste un ou deux paramètres et arrangez-vous pour les trouver absolument dans votre partenaire. Il a une situation stable et un logement déjà bien amorti financièrement ? Il fera l’affaire.

Etape 2 : tout vient à point à qui n’a pas envie de se casser la tête (facultatif)

Ne discutez jamais d’enfants avec votre partenaire ou futur partenaire. Ca pourrait vous faire passer pour un maniaque. Vous en voulez 1 ? 2 ? 3 ? Plus ?!! Ne le dites jamais à votre partenaire, c’est une information personnelle. Et puis ça dépendra. De quoi ? Eh bien des saisons, chaque saison porte ses fruits, non ?

Puis sérieusement, à quoi ça sert de planifier à l’avance. Les SVT ne sont pas des sciences exactes, c’est connu. Les 9 mois, c’est approximatif et le cycle menstruel totalement imprédictible. Continuons d’avoir des enfants en été, il fait plus chaud, c’est mieux pour se remettre d’un accouchement naturel, les enfants ne pourront pas inviter leurs camarades de classe à leurs anniversaires (puisqu’il n’y a pas de classes en été), mais ça leur fera un point commun avec Harry Potter, au moins !

 Etape 3 pour le papa : les 3 premières années

Les 3 premières années ? C’est l’âge d’or dans le rôle du père. Qu’est-ce que tu veux faire de toute façon ? Tu as été formé à changer des couches en moins de 2h ? Tu as développé la capacité de préparer le biberon sans mettre le feu à la cuisine ?

Eh bien non, camarade. Et même si tu te sens motivé pour le faire, sache que ces tâches vont sûrement interférer avec ton planning de sortir avec les amis, regarder le match ou être occupé à des choses plus intéressantes (changer le monde pardi !).

Heureusement que ta femme est là, tu l’as marié, c’est bien la preuve que tu peux compter sur elle pour ça.

Le bambin ? Il sait pas encore parler. Limite les interactions, ce sera plus efficient.

Etape 4 : l’école de la vie c’est uniquement l’école

Voilà, les premières années sont passées tant bien que mal. Maintenant le bambin fait 20kg, il va falloir qu’il rentre à l’école.

Le choix de l’école est important et si vous paniquez, voici le seul critère à prendre en compte : l’école doit être près de la maison ou au moins sur votre itinéraire habituel pour pouvoir déposer/récupérer. Malin, non ?

L’école, c’est génial. On va apprendre à votre enfant ce qui est bien ou non, ce qu’on peut faire ou non, les références à suivre dans la vie, l’hymne national et comment colorier sans dépasser. Votre enfant apprendra un tas de choses à l’école et autant de choses que vous auriez du lui dire vous-même si nous vivions dans un monde moins civilisé.

L’école, ça vous débarrasse de l’enfant 8h par jour. Je vous conseille de prendre le supplément repas à la cantine même si vous n’en avez pas besoin, les prix sont souvent honnêtes.

Un remerciement spécial aux instits et professeurs qui se substituent aux parents pour surveiller, orienter et parler aux enfants. En effet, c’est tout un métier de communiquer avec son enfant, nous ne sommes pas tous égaux dans ce domaine.

Etape 5 : gérer les questionnements existentiels de l’enfant

Un enfant, ça pose énormément des questions. D’après les statistiques d’une étude très sérieuse dont j’ai sûrement rêvé un jour, voici comment sont composées les questions des enfants :

  • Questions bêtes (« Papa, pourquoi le ciel est bleu ? ») : 60%
  • Questions gênantes (« Madame, madame, pourquoi vous avez un gros bouton sur le nez ? ») : 30%
  • Questions très gênantes (« Maman, c’est qui Dieu ? Il est où ? ») : 10%

Pour gérer ces questionnements, il faut garder à l’esprit que le cerveau de votre enfant est en développement jusqu’à l’âge où il commence à gagner plus d’argent que vous (pour les garçons) et l’âge du mariage (pour les filles). En Europe, on considère que la fille est pareille que le garçon, mais là encore la culture a joué un rôle sur notre évolution et nous ne sommes pas égaux face à la biologie.

Tant que votre enfant n’est pas devenu un adulte, selon ce critère, nul ne sert de traiter avec sérieux ces questions. Quand il pose une question bête de temps en temps, c’est mignon et on peut tous rigoler aux repas de famille. Mais attention, la répétition constante des questions bêtes (disons plus de 3 par jour) est un signe de débilité future de votre enfant. Si tel est votre cas, sachez que vous n’êtes pas seul. Commencez par le signifier à l’enfant pour qu’il soit préparé et fasse attention à faire profil bas toute sa vie, et ne vous inquiétez surtout pas, la débilité lui permettra un meilleur ancrage dans son environnement.

Pour les questions gênantes, faites semblant de ne pas avoir entendu. S’il insiste, et malheureusement il insistera, il existe deux écoles : si vous êtes seuls profitez de ce moment d’intimité pour lui expliquer qu’il comprendra plus tard, sinon renvoyez le vers quelqu’un d’autre. Il oubliera sûrement la question de départ sur le chemin.

Pour les questions très gênantes, il faut rester ferme. Nous vivons dans une société qui ne pardonne pas, une bonne claque remettra les choses bien en place. Le signal sera clair, il sera ferme : vous commencerez à établir des lignes rouges à votre enfant et il saura qu’on ne vit pas dans un monde où l’on peut tout dire sans conséquences.

Etape 6 : qui aime bien châtie bien !

A partir de l’âge de 4 ans, votre enfant commencera à s’agiter. Il découvre son monde et veut commencer à y influer. C’est mignon, mais papa et maman veulent quand même que la maison reste rangée, les vêtements propres et le vase non-cassé.

Pour ne pas perdre le contrôle, il va falloir devenir physique. A ce stade, votre enfant fait environs 22kg et prend bien les coups, mais évitez quand même le visage parce que ce n’est jamais bon pour l’enfant d’avoir un ou plusieurs parents en prison.

A bientôt pour la suite de cet accompagnement pédagogique !

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