Comment Trump sera réélu en 2020

Il y a trois ans, j’avais prédit l’élection de Donald Trump trois mois avant la tenue de l’élection présidentielle américaine, et je n’en suis pas peu fier.

A l’époque, je n’avais pas fait l’erreur de sous-estimer la volonté du peuple Américain d’élire un bouffon à la Maison Blanche, les signaux étaient au rouge et les médias étaient aveuglés par un certain élitisme les poussant à croire que la route de Clinton était déjà pavée.

Ce qui me pousse à croire aujourd’hui à croire que Trump va réitérer son exploit trouve ses racines dans les mêmes causes. Nous avons tendance à trop le sous-estimer. Pourtant, le climat politique Américain, le mode de l’élection indirect et l’Histoire le favorisent une fois de plus.

Où est l’alternative ?

La politique Américaine est dominée par deux grands partis : les Républicains et les Démocrates. Le premier est clairement un parti de Droite, le second est autant de Gauche que ne le permet « l’américanisme ». C’est à dire, pas énormément.

Ô, il y a d’autres partis, contrairement à ce que l’on croit souvent, au final les States sont une démocratie libéral. Mais la politique Américaine est tellement « chère », que la concentration de ces partis est la seule voie pour lever les fonds, attirer l’attention du public, prétendre à une couverture médiatique et enfin gagner les élections.

L’alternative à Trump se trouve donc théoriquement au parti Démocrate, mais cela ne nous donne pas un nom.

Il y a, certes, Bernie Sanders, qui avait déjà tenté de se présenter au nom des Démocrates en 2016 avant d’être douteusement éliminé par Clinton. Mais du haut de ses 77 ans, et donc 78 l’année prochaine, il faut se poser des questions quant à son aptitude.

D’autant plus que le vrai problème de Sanders, c’est un gauchisme « européen » qui effraie l’Américain du midwest, là où se font et se défont les élections Américaines.

Joe Biden, le vice-président sous l’ère de Obama, n’est pas plus jeune que Sanders, à tout juste 77 ans l’année prochaine. Il traîne avec lui le bilan d’Obama avec ce que cela a de positif et de négatif aux yeux des Américains, il y a fort à parier qu’un face à face avec Trump se finisse en tribunal des années Obama avec la même conclusion qu’en 2016.

Il y a d’autres candidats et surtout des candidates. Mais au sortir des années Trump (éventuellement), je ne vois pas l’Amérique élire sa première femme Présidente. Le climat n’y est pas propice et cela avait déjà désavantagé, partiellement, Clinton.

Non, je pense sincèrement qu’à moins d’un retour surprise d’Obama, ce qui est le moins probable du monde, Trump n’a aucun adversaire de taille en face.

Les Grands Electeurs

L’élection Américaine est compliquée et douteusement démocratique quand on est habitué aux systèmes européens assez directs (même dans les régimes les plus parlementaires).

La preuve est que Clinton a effectivement gagné le vote populaire en 2016, c’est à dire que plus de 50% des électeurs l’ont choisi. Mais cela ne suffit pas dans le système Américain.

Pour gagner les élections présidentielles, il faut obtenir le vote des Grands Electeurs, c’est à dire que l’on vote pour des gens qui votent à notre place, et ils n’ont absolument aucune raison de voter ce que l’on souhaite.

La constitution Américaine a été pensé ainsi par les Pères Fondateurs afin de faire barrage aux montées des populismes et pour éviter que n’émerge un tyran. C’est pour tempérer les ardeurs de la populace, jusqu’à ce que l’on se rende compte que c’est presque anti-démocratique, finalement.

Ce système tel qu’il est pensé, actuellement, favorise les petits Etats Américains ruraux et démographiquement plus faibles que les Etats côtiers densément peuplés, urbains et historiquement pro-Démocrates.

Ce facteur déterminant est à garder à l’esprit tant il a joué des tours aux pronostics en 2000 et en 2016.

Le peuple Américain s’en fout

Lorsqu’on juge les Etats Unis de l’extérieur, comme je le fais, nous avons tendance à juger ce pays sur sa politique extérieure et ses résultats macroéconomiques.

L’Américain moyen qui ne se soucie que de ses impôts et du prix du Big Mac, s’en fout royalement.

Seule comptera pour lui l’effet qu’ont eu ces dernières années sur son quotidien. Et si la politique commerciale Américaine va déclencher une guerre commerciale avec la Chine (avec beaucoup de ricochet sur l’Europe et le reste du monde), eh bien qu’il en soit ainsi pour continuer à financer le rêve Américain.

Cela, Trump l’a bien compris. Il s’est affranchi de toutes les règles commerciales et même diplomatiques qui avaient tendance à lier les poignets des autres présidents. La négociation avec Trump se fait désormais avec un canon sur la trempe, ce qui ne plait ni à ses adversaires ni même à ses alliés et force est de constater qu’à court terme (le temps d’une réélection, par exemple) les effets sont positifs.

Le fait que Trump soit un bouffon tristement comique à nos yeux n’a presque pas d’effet sur ses électeurs qui ne l’ont jamais lâché. Il les flatte et leur fait miroiter un projet qui leur parle. Le retour de la suprématie Américaine. Sachant que celle-ci n’a jamais disparue.

Que Trump soit un milliardaire (ou pas ?) qui ne veut pas divulguer ses impôts, qui s’immisce dans les enquêtes du FBI et les décisions de la justice et dont le mode de vie malsain peut nous rebuter… Tout cela les Américains s’en fichent royalement. Il est un modèle de réussite (même s’il n’est qu’un héritier, au final).

Trump a simplifié un mode compliqué à des électeurs qui ne veulent pas appréhender cette complexité.

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