Donald Trump serait le 45ème président des USA ?

L’année 2016 est une année électorale par excellence aux Etats-Unis… Et aussi au Maroc.

Autant les élections législatives Marocaines sont sans enjeux, étant donné le rôle prépondérant de la monarchie dans le pouvoir exécutif (et législatif, et judiciaire). Autant les Américains s’apprêtent à élire leur pire président de tous les temps.

Je suis désormais convaincu que Trump sera le prochain président Américain, dans cet article, j’essayerai de vous expliquer pourquoi je le pense.

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Quand on parle des Américains, il faut garder à l’esprit qu’on parle quand même d’un peuple qui a eu l’audace d’élire George W. Bush en 2000 en sachant pertinemment que c’était un alcoolique incompétent, puis qui a eu l’absurdité de le réélire en 2004, en sachant pertinemment que c’était un crétin fini. Il ne faut donc pas sous-estimer la capacité d’un tel peuple à faire des choix qui nous semblent « anormaux ».

Je ne dis pas que les Américains sont cons, et d’ailleurs, j’ai dédié un article à combattre ce préjugé. Si les USA sont un Etat puissant, avancé technologiquement et militairement, il n’y a pas de mystère derrière, on n’est pas plus intelligents qu’eux !

La vérité est que l’Américain moyen a des préoccupations et un état d’esprit différent de celui des Européens qui nous sont plus proches.

Quand l’Européen considère généralement que l’Etat doit tout faire : assurer la sécurité, l’ordre, la santé et l’éducation, l’Américain a une méfiance innée de son gouvernement. Ayant été colonisés et marqués par les Européens, nous avons hérité de cet état d’esprit. Mais pour comprendre les Américains, il faut creuser dans leur histoire.

Schématiquement, les Européens qui ont migré vers le continent Américain fuyaient l’oppression religieuse et politique de leurs pays d’origine. Quelques siècles après leur installation dans le Nouveau Monde, ils n’ont pas hésité à rejeter les rois Européens pour fonder leur propre Etat, fédéral et pluriel. La lecture de la constitution Américaine insiste sur le droit de l’individu à la liberté et l’autonomie. Le citoyen Américain a le droit de se protéger lui-même (notamment avec le port d’arme largement admis et adopté), y compris contre le gouvernement. Tout a été fait de façon à ce que le gouvernement fédéral soit relativement faible et interfère le moins possible dans la vie du citoyen américain.

L’élection du président Américain en est le symbole. Beaucoup l’oublient, mais c’est une élection au suffrage universel indirect. Les Américains ne votent pas pour celui qui deviendra président, mais pour des « Grand Electeurs » qui choisissent le futur président parmi les candidats.

Quand Obama a essayé d’instaurer un système de santé « étatique » (Healthcare), comme il en existe depuis très longtemps dans la plupart des pays Européens, il a rencontré une opposition farouche, y compris chez les personnes qui avaient le plus besoin d’Obamacare ! Parce que pour ces gens, l’immixtion du gouvernement dans des affaires aussi personnelles que la santé de l’individu, c’est le début de la fin de la liberté à l’Américaine.

On peut aussi évoquer le problème du contrôle des armes. Chez nous, il paraît totalement INCOMPREHENSIBLE que les Américains soient aussi attachés à leurs armes à feu et le droit d’en posséder et d’en porter. Pour l’Américain, être armé, c’est la garantie de pouvoir résister aux agressions, quel que soit l’agresseur, sans attendre l’aide d’un gouvernement auquel il ne fait pas confiance de toute manière.

Notre incompréhension du phénomène Trump est la conséquence de notre incompréhension pour la mentalité Américaine.

Trump est quelqu’un qui promet moins d’Etat, moins d’immixtion, plus de fermeture et moins d’ingérence dans les affaires du monde. Trump représente la veille Amérique d’avant les Guerres Mondiales, quand elle voyait l’Europe et le reste du monde comme une autre planète dont les affaires ne concernait pas.

Si Trump gagne les prochaines élections, ce sera pour plusieurs raisons. La première et la plus évidente de toutes, c’est qu’il surfe sur les craintes et angoisses actuelles, notamment le terrorisme. Le monde a peur, et il a peur de nous. Si un attentat djihadiste a lieu la veille de l’élection, cela pourrait faire pencher la balance en faveur de Trump, tant il est au coude-à-coude dans les sondages avec Clinton.

Il n’y a pas que cela. Les Américains ont l’impression de décliner. Statistiquement, c’est FAUX. L’économie Américaine s’est remise de la crise plus vite que n’importe quel pays Européen, des milliers d’emploi sont créés, les déficits publics se réduisent… Mais ce dont l’Américain a vraiment peur, c’est « les Chinois qui arrivent ».

Trump veut rendre « America Great Again », on ne sait pas de quoi il parle exactement tant l’histoire du pays est truffée de guerres, d’injustices et de scandales en tout genre, mais lui il sait de quoi il parle : la suprématie Américaine. Il ne souhaite pas que les USA soient le meilleur pays au monde dans toutes les catégories, il voudrait qu’il soit le seul à avancer.

Bien sûr, quelles que soient ses intentions, il n’a ni les moyens, ni le talent nécessaire pour y arriver. Trump est un bébé irresponsable, qui n’a aucun sens de la diplomatie et qui se comporte comme un crétin (jerk). Mais peut-être que l’Américain moyen peut se reconnaître en ce personnage…

Il y a aussi ceux qui ne voteront pas pour Clinton. Et au final, c’est peut-être ceux qui feront élire Trump directement par leur vote-sanction ou indirectement par leur abstention. Hillary Clinton est aux antipodes de ce que représente Trump : c’est une femme politique parfaite, compétente, diplomate, expérimentée et traînant derrière elle des années de service public, que ce soit en tant que Première Dame ou Sénatrice du Congrès Américain. Avant tout cela, elle avait passé toute sa jeunesse dans le travail caritatif, les combats sociaux et sociétaux…

Mais Clinton, c’est aussi les casseroles traînées. Et les Américains sont plus sensibles aux casseroles de Clinton, qu’à la bêtise de Trump. Comme s’ils toléraient plus la bêtise que la… tromperie.

Parce que oui, les Américains se sentent tromper par Hillary. Ils lui reprochent ce que j’ai justement cité plus haut : le fait qu’elle soit une femme politique, avec tout ce que ça implique de magouilles, de compromission avec le monde de l’Argent et la Finance et enfin, ses récentes démêlés avec le FBI, la fuite des emails du parti Démocrate, etc.

Hillary nous paraît comme le choix par défaut des Américains, mais eux, ne le voient pas de la sorte comme le démontrent les sondages. Bien sûr, pour l’heure, Hillary devance légèrement Trump dans les sondages, mais c’est ce « légèrement » qui me gêne… Pourquoi quelqu’un d’aussi compétent et expérimenté est au coude-à-coude avec un bébé-pleureur ? Normalement, elle devrait être à des miles d’avance de lui !

Ça prouve bien qu’il y a un problème, et que j’ai peur du 4 novembre 2016.

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